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Dans son émission du 2 mars 2003, Découverte (Radio-Canada) présentait un reportage sur la présence du mercure dans nos poissons. On y apprenait notamment que le mercure est un élément chimique rare sur la Terre, mais qu'à cause de la déforestation, de l'activité minière et de la combustion d'éléments fossiles depuis les dix dernières années, on en retrouve de plus en plus dans l'environnement. Le mercure en étant en contact avec la vie bactérienne aquatique se transforme en méthyle mercure, une forme des plus toxiques. Il se fixe alors sur les membranes des poissons, notamment dans leurs cellules graisseuses. Selon Marc Lucotte, professeur en biogéochimie au Département des sciences de la Terre et de l'atmosphère et chercheur principal du COMERN, le Réseau collaboratif de recherche sur le mercure, cette importante source de contamination chez l'humain vient du fait qu'il y a une bioaccumulation du mercure dans la chaîne alimentaire.

Les recherches du COMERN ont notamment permis de déterminer que le niveau de contamination du poisson varie d'un écosystème à l'autre. Ainsi, le doré du Lac St-Pierre est beaucoup moins contaminé que celui que l'on retrouve dans le Nord du Québec. Ceci s'explique par le fait que le poisson qui vit dans une eau relativement plus chaude grandit plus vite et a moins le temps d'accumuler du mercure. De plus, l'acidité des lacs dans le Nord favorise la transformation du mercure en méthyle mercure. Il est donc recommandé de consommer des poissons plus jeunes, moins gros, de chaire blanche et qui se retrouvent en bas de la chaîne alimentaire. Attention donc aux " poissons trophées " de pêche sportive qui contiennent une plus haute concentration de mercure, parfois jusqu'à 2 ppm.

Des études sur la population des Iles Téroé au Nord de la Norvège ont démontré que le mercure consommé à faible dose était plus dommageable qu'on le croyait. Des chercheurs ont analysé des cheveux et du sang de placenta de femmes enceintes, et suivi leurs enfants jusqu'à l'âge de 14 ans. Des tests physiques et psychologiques ont démontré que le mercure avait des effets sur la pression sanguine, et la vitesse de croissance des enfants; mais on a surtout observé du retard au niveau du langage, de la mémoire et de l'attention. Selon Donna Mergler, professeure en neurotoxicologie au Département des sciences biologiques et directrice de l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQAM, lorsqu'un tel phénomène se produit dans une population, on en déplace la courbe normale, ce qui veut dire qu'il y aura deux fois plus d'enfants avec des problèmes d'apprentissage et deux fois moins d'enfants sur-doués. Ainsi, l'exposition à de faibles doses de mercure n'est plus un problème médical individuel, mais bien un problème de santé collectif.

Santé Canada recommande de consommer du poisson qui contient moins de 0,5 ppm de mercure. Selon les analyses du COMERN, le thon pâle en conserve que l'on trouve dans les épiceries en contiendrait 0,033 ppm, alors que le thon blanc en contiendrait 0,35 ppm. Le problème pour le consommateur, fait remarquer Donna Mergler, c'est que l'on ne sait pas combien de mercure ou d'autres contaminants contiennent nos poissons. Selon elle, on devrait prôner l'étiquetage des substances toxiques, afin d'ajuster notre menu en fonction de notre consommation totale de mercure. En attendant, Santé Canada recommande de ne pas consommer plus de 4 repas/mois de poisson contenant de plus fortes doses de mercure, tel le requin. Il n'émet pas de restriction, contrairement à son voisin américain, pour le saumon (autour de 0,03 ppm) et le thon.

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