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Samedi 5 novembre 2016 (10h-16h)
Mardi 7 février 2017 (15h-20h)

Selon une équipe de chercheurs canadiens de calibre international, le régime alimentaire pourrait jouer un rôle important dans l'absorption par l'organisme du mercure, un métal lourd. Afin de mettre cette idée à l'épreuve, les chercheurs du Réseau collaboratif de recherche sur le mercure (COMERN), qui bénéficie de l'appui du CRSNG, se préparent à mener une expérience dont ils seront eux-mêmes les cobayes.

Les chercheurs du réseau COMERN ont en effet remarqué que le degré d'absorption du mercure par les individus de petites collectivités canadiennes consommant du poisson varie énormément d'une collectivité à l'autre. Depuis 2000, ils travaillent en étroite collaboration avec certaines communautés canadiennes. Or, "il y a un écart inexpliqué entre l'exposition des gens au mercure et la mesure dans laquelle le mercure est absorbé par l'organisme dans ces diverses collectivités", déclare Marc Lucotte, biologiste à l'UQAM et chercheur principal du réseau COMERN. Qu'est-ce qui explique cette importante différence dans le degré d'absorption? "Nous soupçonnons que quelque chose de différent dans l'alimentation des individus de certaines collectivités empêche leur organisme d'absorber le mercure", affirme Marc Lucotte. Cet ingrédient dont les chercheurs soupçonnent l'existence pourrait bien être le bon vieux thé.

On sait que dans les collectivités japonaises consommatrices de thé qui sont exposées à de fortes concentrations de mercure, les degrés d'absorption sont exceptionnellement faibles. Et on sait que le thé est un puissant agent chélateur: il contient des particules appelées flavonoïdes qui se lient aux métaux lourds pour empêcher leur absorption par l'organisme.

Afin de mettre cette théorie à l'épreuve, les chercheurs se sont mis à table. À l'occasion du congrès général annuel du COMERN qui a eu lieu la semaine dernière à Gimli, au Manitoba, 60 spécialistes du mercure ont pris part à une expérience unique. Pendant trois jours, la moitié des membres du groupe expérimental ont mangé du poisson local du lac Winnipeg deux fois par jour et ont bu six tasses de thé noir. L'autre moitié du groupe a également consommé du poisson local, mais sans thé. Au début et à la fin du congrès, les participants ont donné un échantillon de sang afin qu'on en détermine la concentration en mercure.

Selon Marc Lucotte, l'expérience sur la consommation de thé et de poisson réalisée à Gimli est d'autant plus importante qu'en plus d'être susceptible de révéler des résultats scientifiques significatifs, elle contribuera à ancrer les travaux des chercheurs dans le type de recherche participative communautaire qu'ils mènent. "Le fait de servir ainsi de cobayes nous amène à faire un retour sur nous-mêmes, affirme Marc Lucotte. Il est important de nous rappeler que nous ne travaillons pas simplement avec une hypothèse, mais avec de vraies gens et de véritables passions. Et que nous pouvons nous aussi être exposés au mercure à cause de notre alimentation, et que nous devons faire des choix." On s'attend à ce que les résultats de l'expérience de Gimli soient disponibles en mars 2005. (Source: René Canuel, COMERN)

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