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Samedi 5 novembre 2016 (10h-16h)
Mardi 7 février 2017 (15h-20h)

Christian Messier, professeur au Département des sciences biologiques de l'UQAM, directeur du GREFi (Groupe de recherche en écologie forestière interuniversitaire) et conseiller scientifique auprès de la vérificatrice générale du Québec dans le dossier de la gestion des forêts par le gouvernement, publiait dans le journal Le Devoir du 10 janvier dernier un article intitulé Enjeux et défis de la Commission d'étude sur la forêt - L'aménagement actuel de la forêt québécoise est-il toujours pertinent ?

En voici quelques extraits. "Annoncée depuis longtemps, la Commission d'étude sur la gestion de la grande forêt publique québécoise s'est finalement mise en marche peu avant Noël avec la nomination de six commissaires. Présidée par Guy Coulombe, elle a comme mandat, selon le ministre délégué aux Forêts, Pierre Corbeil, d'examiner "l'administration du régime forestier, les assises scientifiques du calcul de la possibilité forestière et la qualité des plans d'aménagement forestier et des inventaires". Tout cela devant se faire dans l'optique d'une utilisation durable de la forêt. La mise en place d'une telle commission fait suite au rapport critique et fort lucide de la vérificatrice générale du Québec en 2002 et à la sortie très médiatisée du film L'Erreur boréale en 1999, et le débat qui s'amorce est fort important pour l'avenir de la forêt québécoise".

"On pratique la foresterie au Québec depuis le tout début de la colonisation européenne. Peu ou pas réglementée au départ, l'exploitation de la forêt québécoise est maintenant régie par la loi sur les forêts du Québec adoptée en 1986 et légèrement modifiée en 2001. Selon cette loi, l'aménagement de la forêt est la seule responsabilité des compagnies signataires de contrats d'approvisionnement de bois (CAAF), le tout étant supervisé et encadré par le gouvernement. L'activité forestière doit, de plus, être approuvée par un ingénieur forestier dûment accrédité. Cette réglementation forestière québécoise s'inspire fortement de principes plusieurs fois centenaires provenant de la foresterie européenne. Elle vise essentiellement un rendement soutenu et continu en bois de façon à alimenter l'industrie. Quelques ajouts récents à la loi permettent de mieux encadrer la coupe afin de protéger les cours d'eau et de maintenir une certaine proportion de vieilles forêts. Ces ajouts ont cependant été jugés insuffisants par plusieurs chercheurs universitaires et groupes environnementalistes."

"Le premier enjeu et défi de la commission est d'évaluer toute la mécanique (fort complexe d'ailleurs) du calcul de la possibilité forestière (i.e. le " taux d'intérêt " que produit la forêt annuellement). Ce calcul vise essentiellement l'atteinte du sacro-saint rendement soutenu de la forêt. (...) Un deuxième défi et enjeu majeur, fortement relié au premier, touche la question du maintien d'une proportion satisfaisante de vieilles forêts (i.e. essentiellement des forêts ayant plus de 100 ans). (...) L'importance de ce type de forêt pour le maintien de la biodiversité a d'ailleurs été démontrée scientifiquement en Scandinavie. Je crois donc primordial que la commission considère la mise en place d'un moratoire sur la coupe de nos dernières vieilles forêts afin de s'assurer qu'une certaine proportion sera préservée."

"En troisième lieu, la commission devrait évaluer la façon dont on alloue et gère le territoire forestier au Québec. (...) La réglementation forestière au Québec est détaillée, plutôt rigide et souvent uniforme et cela sans égard à la très grande diversité de forêts que l'on retrouve sur notre territoire. La commission devrait donc, dans un quatrième temps, évaluer si une telle réglementation favorise ou non un aménagement durable de la forêt. (...) En conclusion, la commission devra déterminer si les bases réglementaires et conceptuelles qui encadrent l'aménagement de la grande forêt québécoise, mises en place en 1986 par la loi sur les forêts, répondent toujours adéquatement aux besoins et connaissances actuelles que l'on a de notre forêt. Les défis et les enjeux sont de taille, mais la commission possède toute l'expertise et les moyens nécessaires pour y parvenir."

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